SRADDET : distinguer un objectif régional d’une règle opposable
Pour les révisions de documents d’urbanisme préparées à la rentrée, l’article L.4251-3 du code général des collectivités territoriales fournit un repère déterminant. Il distingue la prise en compte des objectifs du schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, le SRADDET, de la compatibilité avec les règles générales de son fascicule, pour les dispositions auxquelles elles sont opposables. Employer indistinctement l’expression « prescription régionale » efface cette différence de portée. 1
Un objectif donne une orientation à intégrer au raisonnement du document concerné. Une règle du fascicule appelle un examen de compatibilité. La région ne dispose donc pas d’un pouvoir général lui permettant de transformer chaque ambition politique en obligation directement applicable à toute opération locale. Pour discuter une extension urbaine, une implantation ou une desserte, il faut retrouver le passage exact du schéma, sa qualification et le document auquel il s’adresse. Une citation isolée de la stratégie régionale ne suffit pas à établir la contrainte juridique invoquée.
L’article organise également les relations entre documents : il vise notamment les schémas de cohérence territoriale et, à défaut, les plans locaux d’urbanisme ou les cartes communales, ainsi que les plans de mobilité, les plans climat-air-énergie et les chartes des parcs naturels régionaux. Ce dispositif ne permet pas de faire abstraction du schéma de cohérence territoriale pour opposer directement n’importe quelle formulation régionale à une parcelle. Il faut reconstituer la relation applicable, puis examiner le contenu du document local. Les autorisations individuelles répondent ensuite à leur propre cadre.
Cette lecture devient concrète lorsqu’une règle cherche à préserver une ressource ou à orienter la localisation des activités. La question n’est pas seulement de savoir si le projet paraît souhaitable pour l’emploi. Il faut expliquer comment le document local traite la ressource, quelles variantes il retient et pourquoi elles ne contredisent pas la règle applicable. À l’inverse, une priorité régionale à la réindustrialisation ne vaut pas autorisation environnementale ou réservation de capacité électrique. La cohérence d’un projet exige plusieurs décisions dont les auteurs restent distincts.
Le calendrier compte autant que la formulation. Pour les documents antérieurs à l’approbation du SRADDET, l’article prévoit la prise en compte des objectifs et la mise en compatibilité avec les règles générales lors de la première révision qui suit cette approbation. Cette disposition doit être lue avec les règles propres au document et à sa procédure ; elle ne justifie ni une caducité automatique de tout document ancien ni l’absence de travail jusqu’à une échéance indéfinie. Le repérage des révisions à venir permet de préparer les études nécessaires avant l’ouverture de la procédure. 1
Les régimes de l’Île-de-France, de la Corse et des outre-mer appellent une vérification propre : le SRADDET de droit commun ne peut leur être appliqué par analogie. Pour chaque territoire, la recherche commence donc par le document effectivement applicable.