MobiTC : ce que mesure une vitesse de recul du trait de côte
Le 7 septembre 2026, le Cerema actualise sa présentation de MobiTC, publiée initialement en 2017. Le logiciel rassemble des tracés historiques du littoral, construit une ligne de référence et calcule des vitesses d’évolution par transects, c’est-à-dire par lignes de mesure traversant les positions successives du rivage. La régression tient compte des incertitudes attachées aux tracés. Cette présentation décrit un outil d’analyse des observations passées ; elle ne constitue pas, à elle seule, une prévision de disparition des parcelles. 1
L’intérêt de l’outil tient d’abord à la possibilité de comparer des observations produites à des dates et avec des techniques différentes. Une photographie ancienne, une image satellitaire et un relevé topographique n’ont pas la même précision. Les juxtaposer sans conserver leurs incertitudes peut donner une apparence de mouvement à une différence de mesure. L’automatisation améliore la reproductibilité du calcul, à condition que la définition du trait suivi et la qualité des données restent explicites. Un résultat reproductible peut rester insuffisant pour la décision envisagée.
Le choix de la période appelle également une explication. Une moyenne calculée sur plusieurs décennies peut masquer une accélération récente, un changement après un ouvrage ou une alternance de recul et d’avancée. Inversement, quelques années marquées par des tempêtes ne décrivent pas nécessairement une tendance durable. Comparer plusieurs fenêtres temporelles permet de faire apparaître cette différence ; cela ne permet pas d’en désigner automatiquement la cause. L’analyse doit rapprocher la série mesurée de l’histoire physique et des interventions sur le site.
Pour un maître d’ouvrage qui envisage de déplacer une route, le livrable utile dépasse donc une carte colorée. Il comprend les dates des observations, les marqueurs retenus, les marges d’incertitude, les périodes de calcul et les secteurs où les données manquent.
Une vitesse annuelle ne se transforme pas mécaniquement en une date d’atteinte de la chaussée : l’évolution future peut dépendre d’événements discontinus et d’hypothèses climatiques. Cette distinction évite de faire supporter au logiciel une conclusion qu’il ne produit pas.
Le passage à l’action consiste alors à identifier ce que l’observation permet déjà de décider et ce qui exige une étude complémentaire. Une surveillance renforcée peut être justifiée avant qu’un calendrier de relocalisation soit arrêté. Une procédure d’urbanisme appelle, pour sa part, un document établi dans son cadre propre. MobiTC peut alimenter ces travaux et faciliter leur actualisation ; ni son téléchargement ni l’export d’une couche géographique ne valent adoption d’un zonage opposable.